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Mardi 23 décembre 2008
La reculade de Xavier Darcos face aux lycéens - certes soufflée par un président paniqué par l'incandescence de la situation sociale en Grèce - met en évidence l'inefficacité des confédérations syndicales traditionnelles. Le frère d'Arnaud Lagardère remarquait devant ses partisans le 5 juillet 2008: "Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit." Une fois n'est pas coutume, je ne peux que souscrire aux propos du rédempteur des banquiers (qui avait vraisemblablement en tête les grèves du secteur public).

Ou plutôt le nuancer légèrement. Une grève en France, c'est désormais du même ordre que le verglas. Ca se produit une fois de temps en temps; c'est déplaisant et il faut prendre ses dispositions pour ne pas être trop ennuyé, mais ça passe.

"Les grèves, ça passe"


Effectivement, ça passe. Trop vite. En 24 heures. Les centrales syndicales ne connaissent plus d'autre mot d'ordre: des journées d'actions et les "temps forts" (d'ailleurs, on propose parfois des journées d'actions travaillées) éparpillées tout au long de l'année. Parfois près d'une dizaine par an.

L'efficacité de ce genre de pratiques est nulle

Faire dix fois grève pendant 24 heures n'a aucun impact (en dehors des économies réalisées par l'employeur) mais coûte aussi cher au gréviste que de faire grève une fois pendant dix jours.

La symbolique des "journées d'actions" est pathétique.

Il faudrait par ailleurs se rappeler que la grève, ce n'est pas (seulement) arrêter le travail pour faire chier (d'ailleurs, la grève de 24 heures fait beaucoup plus chier les usagers/clients que les employeurs) et montrer qu'on n'est pas content avant de s'asseoir à la table des négociations. La grève, c'est montrer au capital qu'il n'est rien sans le travail. C'est rappeler qui fait tenir la baraque.

En des temps où le parti des rentiers invoque la "valeur travail" pour faire passer ses politiques de régression sociale, il faudrait peut être veiller à lui rappeler de quel côté se trouve cette valeur travail.

Pour une semaine de grève générale

Alors pour une fois que nos grandes centrales se sont mises d'accord pour une grève interprofessionnelle le 29 janvier (c'est dire si ça va mal...), que ne passent-elles pas le pas en appelant à une semaine de grève:
- contre le paquet fiscal, les franchises médicales et tous les mécanismes de redistribution de la richesse nationale aux privilégiés.
- pour le dimanche chômé pour tous,
- pour le service public et le maintien du statut d'établissement public de la Poste,
- pour les salaires.

Les motifs ne manquent pas. Certains syndicats commencent à bouger alors amplifions leur appel.


Par Etiam Rides - Publié dans : Luttes
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