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des Pas perdus il y a quelques jours et par
Rébus en des temps antédiluviens, je vais faire d'une pierre deux coups et d'un billet deux chaînes.
Compte tenu de la date de péremption largement dépassée pour les deux questionnaires, je me dispense du formalisme initialement imposé pour l'exercice (titre, relais etc.)
Chaîne morbide

Commençons par la première, due aux
Pas perdus:
1. Que ferais-je s'il me restait 500 secondes à vivre?
Compte tenu de l'imprécision de la question, qui ne nous dit pas si nous apprêtons à rendre notre dernier soupir au terme d'une longue agonie ou à la suite d'un accident soudain, qui nous ne dit
pas si la mort promise sera cérébrale ou frappera d'un coup l'ensemble de nos organes vitaux (c'est gai, cette chaîne), je prends la liberté d'imaginer que j'ai pris mes dispositions pour un don
d'organe ou de sang ou de tout ce qu'on pourra récupérer sur ma carcasse.
J'emploierai donc ces 500 secondes à appeler l'hôpital pour leur dire: "J'arrive" et je prendrais une douche pour leur éviter la toilette mortuaire.
Ca, c'est parce que je suis un gauchiste. Si j'étais un libéral, je mettrais mes organes en vente sur e-bay pour créer de la richesse et épargner à mes ayant-droits les frais d'inhumation.
Deuxième question: s'il me restait 500 euros?
J'achèterais des fleurs.
Ca, c'est si il ne me reste que 500 euros et 500 secondes à vivre. Parce que si j'avais 500 euros devant moi et beaucoup de temps, j'achèterai des livres pour répondre à la chaîne livresque de
Rébus (en date du 26 décembre 2007, quand même)
Chaîne livresque
1. Quel est le dernier livre que vous avez acheté ET terminé ?
C'est
"et" qui m'a bloqué dès le départ. C'est dans les librairies que j'entrevois l'irrésistibilité du sentiment frénétique qui s'empare de certaines clientes des grands
magasins d'habillement: j'achète, sans savoir quand j'aurais le temps de lire, ou plutôt en sachant pertinemment que je n'aurais jamais le temps de lire tout ce que j'achète. Conséquence: j'empile,
je commence, je finis rarement. J'emprunte également beaucoup, dans les bibliothèques, à mes proches, ce qui à coup sûr soulage mon porte-monnaie, mais ne facilite pas la gestion de mes stocks
d'in-lus.
Le dernier livre que j'ai acheté en langue française devait être, dans la catégorie "fiction"
Le Vainqueur de coupe de Rachid Boudjedra. Comme je l'avais déjà lu il y a une quinzaine
d'années, je pense que ça rentre dans les critères, non? Dans la catégorie "essais", ça devait être
Naissance de la biopolitique de Foucault (Michel, bien entendu...)
Le dernier livre que j'ai terminé dans la catégorie "fiction", je ne m'en souviens même pas: ça devait être
Iphigénie (Racine) ou
La Mort du roi Tsongor (Laurent Gaudé), cet été.
Dans la catégorie "essais":
Les Intellectuels au Moyen-Age (Le Goff).
Je n'en avais acheté aucun des deux.
2. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne 13 de la page 42 ?
Ca sera forcément dans la catégorie essais: Jacques Généreux
Les Vraies lois de l'économie. J'aime beaucoup. L'auteur y est fidèle à lui-même, c'est-à-dire clair, convaincant et
concis.
Ligne 13, p. 42: "
Ainsi débuta la tyrannie que les méthodes et les techniques des Sciences au sens étroit du terme n'ont jamais cessé d'exercer sur les autres disciplines."
3. Choisissez un de vos livres favoris. Quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?
Le Seigneur des anneaux est un des livres qui m'a le plus impressionné la première fois que je l'ai lu. Tolkien est parvenu à créer un univers complet, animé d'un souffle épique où la
victoire cependant est impuissante à arrêter le cours du changement.
Dernière phrase de la page 65: "
Il passa ensuite dans son bureau, où il tira d'un gros coffre fort un paquet enveloppé dans une vieille toile et un manuscrit relié en cuir; et aussi une grande
et volumineuse enveloppe."
4. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé et pourquoi ?
Je n'ai déjà pas le temps de terminer les livres qui me plaisent. Je ne vais en plus me taper des livres que je n'aime pas jusqu'à la dernière page.
Supplément livresque ET morbide
La question 5 étant manifestement caduque, j'offre en échange un supplément, à la fois livresque et morbide, donc bien dans l'esprit des lignes précédentes, même s'il nous écarte de la littérature
française.
La langue Tayeb Saleh vaut bien celle de Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature en 1988: précise, élégante et sobre, à dix mille lieues de la guimauve des auteur(e)s arabes dont on abreuve le
marché éditorial en France et qui, parce qu'ils écrivent pour l'export, pensent que le relâchement du style et la vulgarité des thèmes leur tiendront lieu de talent. L'oeuvre de Tayeb Saleh est
marquée par le dialogue - le déchirement parfois - entre deux cultures, deux mondes: son Soudan natal et la Grande-Bretagne où il a étudié et vécu une partie de sa vie et où il a trouvé
la mort hier.
La
Saison de la migration vers le nord a été traduite en français. Je doute que son style y soit rendu, mais pour découvrir les thématiques, c'est chez Actes Sud.